Déclarer le dimanche comme un "jour chômé" en Europe serait favorable à notre qualité de vie. Mais qu'en sera-t-il pour nous, dont le jour de repos est le samedi et non le dimanche ? Ci-dessous la réaction de Raafat Kamal.

 

 

Les défenseurs de la liberté religieuse se méfient de la proposition des dimanches fériés en Europe

 

Fin juin, une nouvelle alliance faisant la promotion de conditions de travail justes et équilibrées en Europe a demandé au Comité Economique et Social de l'Union Européenne de déclarer le dimanche 'jour chômé' dans ses nouvelles directives sur le travail pour les états membres.

L'European Sunday Alliance (Alliance Européenne pour le repos dominical) est un réseau regroupant 65 organisations de la société civile, syndicats et églises qui s'accordent sur le fait que des dimanches libres et des horaires de travail décents permettraient de favoriser des familles plus saines et renforcerait la cohésion sociale parmi les états membres de l'UE.

La proposition de l'Alliance a été faite lors d'un colloque sur l'impact du travail du dimanche sur la santé, la sécurité et l'intégration sociale des travailleurs européens. Ce colloque a attiré le 20 juin à Bruxelles des psychologues, des spécialistes des sciences humaines ainsi que d'autres experts.

« Le dimanche chômé et des horaires de travail corrects sont un droit bien mérité par tous les citoyens d'Europe » stipule la charte fondatrice de l'Alliance. La définition de la charte « d'horaires de travail corrects » va jusqu'à exclure « les soirées, les nuits, les jours fériés et les dimanches ».

Les adventistes du septième jour partisans de la liberté religieuse s'inquiètent du fait que la proposition pourrait porter atteinte à la libre expression des croyances religieuses, malgré ses objectifs bien intentionnés de réduction du stress et du surmenage.

« Nous soutenons l'idée que les gens ont besoin d'un jour de repos pour atteindre un équilibre entre la vie privée et le travail, afin de préserver la santé et la sécurité des travailleurs » a dit Raafat Kamal, directeur des Affaires Publiques et de la Liberté Religieuse pour l'église adventiste du septième jour en Europe du Nord, ajoutant que l'idée avait d'abord été lançée par Dieu qui s'était reposé après la semaine biblique de la création.

« En même temps, nous voulons être sûrs que ceux qui n'ont pas le dimanche comme jour de repos religieux désigné seront respectés et tolérés » a dit Kamal.

Le Congrès juif mondial n'a pas encore commenté la proposition du dimanche chômé. L'Europe compte également 13 millions de musulmans environ qui font leurs dévotions le vendredi.

« J'espère que les partenaires du réseau de l'Alliance Européenne pour le repos dominical ... apprécieront les dimensions pluralistes des pays de l'Union Européenne et l'importance de respecter ceux qui ont des croyances et pratiques religieuses différentes » a fait remarquer Kamal.

Les catholiques en Europe ont accueilli avec plaisir la proposition. Maximillian Aichern, évêque de Linz, catholique romain à la retraite, a parlé du dimanche chômé comme de la « loi sociale la plus ancienne de la civilisation judéo-chrétienne ».

« Un jour de repos commun, des contrats sociaux qui vont avec et les louanges au Seigneur sont les valeurs chrétiennes les plus importantes et ... indispensables à la dignité humaine » a-t-il dit.

Un communiqué de presse du 20 juin de l'Alliance stipule qu'elle pousse l'Union Européenne et ses états membres à « prendre toutes les mesures législatives et politiques » pour susciter une « meilleure conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle ».

 

Source : Adventist News Network